Sortie mai 2026 : la Coume Ouarnède

12 mai 2026 Non Par schv

Sortie mai 2026 : la Coume Ouarnède (Haute-Garonne)

Pont de Gerbaud, Hérétique et Indomptable

(un petit clin d’œil sur un réseau de plus de 120 km…)

Récit : Au bord du gouffre du Pont de Gerbaud , par une débutante en pleine progression (les photos, sauf la vidéo, sont du groupe 2 à l’Hérétique et l’Indomptable) 

Samedi 9 mai vers 11h30 nous commençons à nous engouffrer Laurence, Céline, Darioush, Franck dit Docteur Mamour, Damien, Lionel et moi. Mais avant cela nous avons fièrement bouclé la marche d’approche en 50 min malgré 240 m de dénivelé répartis sur 1,74 km alors que l’estimation sur le guide indiquait 1h30. Le ton est donné.  L’équipe est solide et déterminée.

Il faut dire que nous avions une revanche à prendre car la veille la recherche des gouffres Hérétique et Indomptable nous avait occupés pendant près de deux heures.

Nous sommes accueillis par une entrée de grotte spectaculaire composée de deux arches décorées d’une forêt luxuriante qui ne fait que rappeler la nature de certaines de nos conversations portées par l’ivresse de l’activité souterraine. Un rayon de lumière se jette à l’entrée de la grotte et dévoile un arc en ciel en forme de cercle, quel accueil !

La descente était pour moi la plus impressionnante qu’il m’ait été donné de faire. En effet une descente de 130 mètres sous terre comportant notamment un puits de 50m avec un passage de nœud et un fractionnement, avec 5 sorties à mon actif, l’affaire était, à mon humble avis, sérieuse. 

Une fois en bas nous nous adonnons aux joies de l’exploration passant par divers boyaux parfois étroits et de grandes salles au style chaotique. Et prenons notre déjeuner en cercle dans le calme et le froid sans trop attendre, alors que Damien ressemblait à une jeune mariée revêtue d’un poncho gris clair qui renvoyait le peu de lumière qui nous entourait. En effet, c’est à ce moment que je me rends compte que mon groupe est légèrement stressé de la batterie. En effet certains ont dévoilé leur penchant économe, voir radin, nous faisant profiter d’une ambiance tamisée. 

Puisque l’heure tournait et n’étant pas trop sûr de l’endroit où aller nous amorçons notre retour. Darioush et Damien devaient se charger de déséquiper. 

J’ai découvert avec Franck une autre façon d’évoluer. En effet les parois étaient propices à l’escalade alors je ne fixais que la poignée sur la corde. La joie de trouver des prises adaptées exerce mon agilité et m’informe que je préfère évoluer sans l’aide du croll.  

Le moment d’amorcer le retour à la surface arrive. Mon niveau d’anxiété augmente heureusement la présence rassurante de Laurence est devant moi. 

Forte du passage premier puits franchi sans trop d’erreurs. Je m’engage dans le deuxième puits. 

Je suis soudainement dominée par une peur reptilienne. Au moment de passer le fractionnement positionné a plusieurs dizaines de mètre je fais une première erreur en mettant ma longe courte sur la corde du haut. Une voix me rappelle la doctrine citée plus tôt : le croll en premier. Alors je le fixe sur la corde du haut. Ensuite je me rends compte que Laurence est toujours sur la corde et que mon poids repose sur un croll en tension et en souffrance. Catastrophe, la première erreur me paraît évidente, la longe ne remplit pas sa fonction.

Luttant contre les pensées de mort imminente, essayant de prendre appui sur la paroi je constate que la prise que j’ai choisi pour les mains menace de se détacher de la paroi et risque de blesser mes camarades en bas. 

La douce voix de docteur Mamour m’aide à me canaliser.

Je libère Laurence de mon poids en me tractant sur le fractionnement, le bras tiendra bien le temps qu’il faut… finalement j’arrive à me sortir de cette situation délicate avec l’aide précieuse de Laurence mais cela me laissera un souvenir mitigé. 

Le reste de l’équipe semble sortir de ce trou avec une insolente facilité et un incroyable relâchement ce qui me laisse penser que mes tourments sont bien ceux d’une débutante.

Le retour se fait dans une forêt chaude et toujours pleine de vie. Les oiseaux nous offrent une symphonie et Damien semble évoluer tel un cabri malgré le fait que son dos soit lesté du matériel d’équipement. 

Je mesure par cette expérience que les spéléologues sont une population bien à part et dotée de compétences riches et variées. Merci de m’accueillir parmi vous. 

Retour au gîte vers 19h30.

Laure